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InsomnieLe mal du siècle ?

Qui n’a jamais eu à se plaindre d’insomnie ? Quelle personne n’a jamais évoqué cette plainte ? Qui n’a jamais pris un « somnifère », ou conseillé à un tiers d’en prendre ?

La réponse est assez simple à trouver : tout le monde a été confronté de façon ponctuelle ou chronique à ce désordre bénin et itératif pour certains ou à ce véritable trouble pour d’autres.

Notre propos ici concernera les véritables Insomnies qui relèvent d’une prise en charge médicale. L’objet de cet article répond également au constat d’une importante automédication en médicament hypnotique, dont nous verrons les erreurs classiques, en essayant de faire changer les comportements.

 

Généralités

Mais tout d’abord, de quoi parle-t-on ?

Le sommeil est une conduite instinctuelle vitale : « Nous ne pouvons pas ne pas dormir ».

En l’absence de sommeil, l’individu meurt, au maximum après 13 jours d’insomnie complète.

Les insomnies, car nous verrons l’hétérogénéité de ces troubles, correspondent à des anomalies qualitatives et/ou quantitatives du sommeil normal, physiologique.

Mais si la plainte est fréquente concernant un ou plusieurs symptômes (dans environ 1/3 des plaintes), dans les faits, on ne retrouve qu’environ 5 à 6 % de véritables insomnies morbides, c’est-à-dire relevant d’une prise en charge médicale structurée.

Le différentiel entre insomnie vraie et plainte symptomatique est d’autant plus important que la plainte « insomnie » est retrouvée dans la moitié des consultations de médecine générale.

 

Définitions

Devant cette hétérogénéité, il est nécessaire tout d’abord de définir ce qui correspond aux véritables insomnies morbides.

Il s’agit d’un défaut d’installation ou de maintien du sommeil, responsable d’une dégradation qualitative des capacités réparatrices du sommeil, associé à des retentissements négatifs, péjoratifs, perceptibles le lendemain durant l’état de veille tels que :

  • Fatigue, on parle d’asthénie ;
  • Altérations de l’attention, de la vigilance, de la mémoire, on parle d’altérations cognitives ;
  • Irritabilité, agressivité voire une morosité, c’est la « mauvaise » humeur ;
  • Enfin, cet état est également souvent assorti d’erreurs dans la réalisation de tâches plus ou moins complexes.

Il est indispensable de considérer le cycle veille-sommeil comme un tout, afin d’authentifier la réalité du trouble du sommeil, sachant que l’ensemble de ces manifestations sont complètement subjectives.

 

Il existe différents types d’insomnie reconnus par les classifications internationales

  • L’insomnie d’ajustement ;
  • L’insomnie psychologique ;
  • L’insomnie paradoxale ;
  • L’insomnie idiopathique ;
  • Les insomnies dues à des affections psychiatriques ;
  • Les insomnies dues à une mauvaise hygiène du sommeil ;
  • Les insomnies dues des affections médicales ;
  • Les insomnies dues à l’usage de drogue ou de substances psychoactives.

 

L’insomnie d’ajustement

Également appelée insomnie d’adaptation ou insomnie liée au stress car elle correspond à une réaction à une situation stressante clairement identifiable, comme des difficultés conjugales, socio-professionnelles, financières….

Il s’agit ainsi d’un processus réactionnel en raison de « l’hyper éveil » provoqué par le stress, responsable de l’insomnie. La durée de cette insomnie est obligatoirement inférieure à trois mois et doit impérativement disparaître lorsque le stress disparaît.

 

L’insomnie psychologique

On parle également d’insomnie cognitive. Il s’agit d’une véritable insomnie objectivable qui se développe en réponse à deux facteurs qui se renforcent négativement mutuellement :

  • Des somatisations (c’est-à-dire des symptômes d’allure physique) ;
  • Des pensées négatives centrées sur le sommeil.

Cette insomnie persiste malgré la disparition du facteur causal initial éventuel, qui souvent est anodin. Un véritable conditionnement à « ne pas dormir » se structure à partir de conceptions erronées sur le besoin de sommeil et sur les conditions nécessaires au sommeil.

L’attention de ces sujets est concentrée sur leur problème de sommeil alors qu’ils minimisent d’autres soucis.

 

L’insomnie paradoxale

On l’appelle également « mauvaise perception du sommeil ». Elle se caractérise par un écart très important entre la perception des anomalies du sommeil par la personne insomniaque et la faiblesse des altérations diurnes réelle. Autrement dit, cela correspond aux personnes qui ont le sentiment de ne pas dormir, ou seulement quelques heures, sans impact négatif notable sur leur vie personnelle, professionnelle, ou sur leurs capacités cognitives.

Ce décalage est confirmé par les enregistrements du sommeil de ces personnes (enregistrements polysomnographiques) qui de fait affirment le diagnostic.

 

L’insomnie idiopathique

Il s’agit d’une insomnie constitutive, permanente, débutée durant l’enfance, souvent familiale, se caractérisant par sa grande stabilité.

 

L’insomnie due à des affections psychiatriques

De nombreuses affections psychiatriques s’accompagnent de troubles du sommeil. Sans vouloir les exposer toutes, parmi les plus fréquentes, on retrouve sans surprise les troubles dépressifs et les troubles anxieux. La résolution de ces insomnies dépend ainsi de l’amélioration des maladies sous-jacentes, l’insomnie devenant un symptôme de ces affections.

 

L’insomnie due à une hygiène inadéquate du sommeil

Elle est caractérisée par des comportements inappropriés ou délétères vis-à-vis du sommeil tels que la prise de café, de thé ou autres boissons stimulantes, la réalisation d’exercices physiques nocturnes, les stimulations sensorielles dans la chambre à coucher (télévision, ordinateur…) souvent intriqués à des mauvaises habitudes concernant les horaires de coucher et de lever, le tout surchargés par des facteurs de stress.

 

L’insomnie due à des affections médicales

Là encore, le nombre de maladies qui s’accompagne d’une altération du sommeil est bien trop important pour être résumé ici. Toutes les maladies douloureuses sont potentiellement insomniantes.

Comme pour les insomnies dues aux affections psychiatriques, l’insomnie devient un symptôme de la maladie causale même s’il y a lieu parfois de la traiter pour son propre compte selon son intensité et ses conséquences sur la santé de la personne souffrante.

Une mention particulière pour le syndrome d’apnée du sommeil, de diagnostic aisé et de traitement également facilement accessible, qu’il serait dommage d’oublier. On parle alors d’insomnie comorbide.

 

L’insomnie due à des drogues ou substances psychoactives

Dans de nombreux cas, l’insomnie est en rapport direct avec la prise de substances souvent vécues comme banales, sources pourtant de désordres du sommeil récurrents.

Parmi les substances psychoactives classiques on retrouve le café, le thé, mais aussi l’alcool et la nicotine contenue dans les cigarettes et tous les substituts nicotiniques (patch, e-cigarette…).

Le cannabis est également un grand pourvoyeur d’insomnie « toxique » contrairement à ce qui est généralement exprimé par les consommateurs « nocturnes » : « cela m’aide à dormir ». Dans ce cas-là, l’insomnie est généralement en rapport avec la dépendance psychologique et s’intègre avec les manifestations psychiques et cognitives du sevrage.

Certains médicaments comportent également des risques d’altération du sommeil, en premier chef les corticoïdes donnés dans les maladies inflammatoires et la dopamine dans la maladie de Parkinson. Evidemment cette petite liste n’est pas exhaustive, ce qui impose de poser la question de l’influence négative de tout traitement devant une insomnie d’apparition récente.

Enfin, l’alimentation est aussi un facteur à prendre en compte dans les causes d’insomnie.

 

Conduite à tenir

Devant une insomnie, il est nécessaire d’évaluer sa sévérité afin d’adopter une stratégie adaptée. Il est inutile de se précipiter chez son médecin, et encore moins de se précipiter dans une automédication hypnotique.

On reconnaît trois stades de sévérité croissante :

  • Insomnie légère : un épisode par semaine avec un retentissement diurne faible ;
  • Insomnie modérée : 2 à 3 épisodes par semaine associés à une sensation de fatigue, d’irritabilité, d’un état de tension interne ;
  • Insomnie sévère : surtout marquée par le retentissement diurne invalidant et intense.

 

Traitement

La prise en charge d’une insomnie relève classiquement du médecin généraliste qui connaît les règles d’hygiène du sommeil élémentaires qu’il y a lieu de toujours respecter, en plus de la nécessité d’un examen clinique à visée diagnostique et thérapeutique.

La prescription de médicaments adaptés doit demeurer l’exception et ne peut s’envisager que pour des durées brèves, régulièrement réévaluées et sous surveillance médicale, dans le respect des conditions de prise.

L’automédication en hypnotique et autres somnifères représente une erreur, tant sur le plan médical que sur le plan économique.

Nombre de ces insomnies peuvent être réglées par quelques principes d’hygiène du sommeil, mais aussi de vie comme favoriser une activité physique régulière, c’est-à-dire quotidienne.

Le recours à un spécialiste du sommeil doit rester exceptionnel au même titre que les explorations du sommeil comme les enregistrements polysomnographiques qui ne se pratiquent que dans des établissements hospitaliers spécialisés.

 

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