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EpauleGénéralités

Une douleur à l’épaule représente l’un des motifs les plus fréquents de consultation en rhumatologie. Environ deux personnes sur trois souffrent ou souffriront un jour d’une épaule douloureuse.

Les douleurs apparaissent souvent pour la première fois entre l’âge de 40 et 60 ans. La plupart du temps il s’agit d’une douleur provenant de la coiffe des rotateurs, mais il peut s’agir également d’un problème d’arthrose, d’arthrite, d’une pathologie articulaire, osseuse ou nerveuse.

 

 

Orientation diagnostique

Les mouvements de l’épaule douloureuse restent possibles

1/ La douleur est survenue de façon brutale, sans rien faire de spécial ou au contraire après avoir fait des efforts inhabituels ou intensifs, mais sans chute. L’intensité de la douleur augmente rapidement, aggravée par le moindre mouvement, vous empêchant de dormir.

La cause la plus fréquente est alors très souvent l’existence d’une calcification développée dans un des tendons de l’épaule (tendinite calcifiante), entraînant une inflammation localisée responsable des douleurs. Une simple radiographie permet souvent le diagnostic. Les antalgiques simples comme le paracétamol et un glaçage (en protégeant la peau) peuvent suffire, mais parfois il est nécessaire d’avoir recours aux anti-inflammatoires, en l’absence de contre-indication, voire à une ou deux infiltrations de corticoïdes espacées de quelques jours. L’évolution est très souvent favorable et la calcification responsable a très souvent tendance à disparaître à l’issue de la crise aigüe.

Calcification de l epaule type A

Calcification de l'épaule

Calcification en voie de resorption apres ponction aspiratrice

Calcification de l'épaule en voie de résorption

2/ La douleur de l’épaule est apparue de façon progressive, avec ou sans effort particulier ; elle est présente dans la journée selon les mouvements et surtout la nuit, vous empêchant de trouver une bonne position de sommeil. Il s’agit alors très souvent d’une tendinite ou « périarthrite d’épaule » ; ceci correspond à l’inflammation de l’un des 4 tendons entourant l’épaule et constituant la coiffe des rotateurs. L’examen médical permet de déterminer quel est le tendon le plus concerné par l’inflammation ; il s’agit le plus souvent du sus-épineux, tendon le plus superficiel de cette coiffe des rotateurs. Les radiographies simples peuvent être normales. Une échographie peut permettre de montrer si les tendons sont véritablement enflammés, à quel endroit et à quel degré. L’épaule n’est pas enraidie en général et tous les mouvements restent possibles avec quelques douleurs. Le traitement repose là encore sur les antalgiques, l’application de froid, parfois les anti-inflammatoires non stéroïdiens voire une ou deux infiltrations effectuées par un praticien entraîné.

Les mouvements de l’épaule douloureuse sont limités voire impossibles

1/ La douleur est apparue à l’issue d’une chute ou d’un choc ; elle est immédiate et rapidement intense et vous ne pouvez quasiment plus bouger votre bras ; il faut consulter rapidement pour faire au moins une radiographie et éliminer soit une fracture (humérus, clavicule), soit une luxation de l’épaule, soit encore une entorse de l’articulation acromio claviculaire, petite articulation située entre la clavicule et l’omoplate. Le traitement est très souvent l’immobilisation de l’épaule bras collé au corps dans ce que l’on appelle un Dujarrier voire une opération en cas de fracture selon sa gravité.

2/ La douleur est apparue sans choc ni chute et s’est installée progressivement. Vous ne pouvez plus effectuer certains mouvements ; pour les femmes, attacher votre soutien-gorge par exemple, ou vous coiffer, pour les hommes, rentrer votre chemise à l’arrière de votre pantalon ou attraper quelques chose en arrière dans votre voiture. L’enraidissement est apparu après l’apparition des douleurs mais s’est aggravé alors que les douleurs diminuaient progressivement. L’épaule est dite « bloquée » ou « gelée », et les mouvements sont impossibles avec ou sans aide. Les radiographies sont très souvent normales de même que l’échographie et l’IRM, ce qui trompe souvent les soignants et les cliniciens. Il s’agit alors le plus souvent d’une capsulite rétractile, c’est-à-dire une inflammation de la membrane qui entoure l’articulation (capsule) responsable des douleurs puis secondairement une rétraction de cette membrane sur elle-même qui explique la limitation des mouvements et la raideur de l’épaule atteinte. Le traitement repose souvent sur la réalisation d’une infiltration dans l’épaule pour faire diminuer les douleurs puis, quelques temps après, une rééducation spécifique pour récupérer les mobilités. La guérison survient dans 100% des cas mais parfois après 6 à 12 mois de rééducation.

3/ L’épaule est douloureuse et seuls certains mouvements restent possibles ; il s’agit souvent alors d’une lésion (déchirure ou rupture) des tendons de la coiffe des rotateurs. L’examen physique note l’impossibilité de lever le bras activement sur le côté par exemple mais la possibilité de lever le bras si on l’aide. Les radiographies peuvent être normales mais l’échographie, l’IRM et l’arthro-scanner permettent de faire le bilan des lésions et de montrer quels sont le(s) tendon(s) atteint(s). Le traitement de 1ère intention repose sur les antalgiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les infiltrations. Selon l’âge, l’activité, les pathologies associées, on peut également discuter de réparer les tendons rompus. On effectue alors très souvent cette réparation sous arthroscopie avec une immobilisation secondaire pendant quelques semaines et une rééducation adaptée.

4/ Enfin, l’épaule peut être douloureuse et plus ou moins enraidie quand il existe une arthrose de l’épaule (omarthrose) ; la radiographie permet le diagnostic puisqu’elle permet d’apprécier l’épaisseur du cartilage restant. Les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes. Le traitement repose sur les antalgiques, parfois les anti-inflammatoires, les infiltrations et la rééducation. Quand la gêne est trop importante et que les traitements de la douleur ne sont plus assez efficaces, on peut proposer des prothèses d’épaule.

Omarthrose excentree

Omarthrose excentrée de l'épaule

Dans tous les cas d’épaule douloureuse, le diagnostic est avant tout effectué par l‘examen clinique et le testing de l’épaule. Les examens complémentaires ne sont nécessaires qu’en cas de doute. Les traitements simples méritent toujours d’être proposés dans un premier temps puis adaptés en fonction de la réponse du patient.

 

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